Des marins dans la voie de Blanc.
Quand l’instance fédérale a confié la responsabilité de l’équipe de France à Laurent Blanc, l’enjeu était – disait-on à l’époque – de « remettre le navire à flots ». A l’issue de l’interminable ère Domenech, la coque se fissura peu à peu jusqu’à couler non loin du Cap.
Le chantier confié au nouveau sélectionneur l’amena d’abord à récupérer les hommes capables de se relancer dans une nouvelle aventure (Lloris, Mandanda, Abidal, Sagna, Diarra, Diaby, Valbuena, Malouda, Gourcuff), à mobiliser des volontaires ignorés (Benzema, Nasri, Mexès, Menez), à lancer de jeunes loups de mer (Rami, M’Vila, Gameiro) et enfin à sauver des capitaines égarés dans le gros temps (Ribéry, Evra).
L’équipage de nouveau à flots, Laurent Blanc s’est d’abord attaché à dessiner un projet dont les caractéristiques majeures pourraient être formulées ainsi :
- la définition d’une ossature (un gardien Lloris, un axe défensif Mexès-Rami, des milieux récupérateurs M’Vila-Diarra et/ou Diaby, des milieux droits Menez ou Valbuena, des milieux axiaux Gourcuff ou Nasri, des milieux gauches Ribéry ou Malouda, un avant-centre Benzema),
- la définition d’un plan de jeu qui a pour ambition la conservation du ballon,
- la définition d’un équilibre entre joueurs anciens et jeunes, athlétiques et percutants,
- la définition d’un état d’esprit dont la caractéristique dominante est le respect (du maillot bleu ce qui implique un certain investissement personnel tant dans le jeu offert au public que dans la communication vers les journalistes, des coéquipiers ce qui implique l’absence de passe-droits, des adversaires et des arbitres ce qui écarte l’idée d’agression).
Contre la Croatie, les joueurs français avaient l’allure de fringants marins, avec leur maillot blanc à rayures bleues. Le bateau équipe de France ne se perd plus… ne perd plus. Il n’est pas encore conquérant, mais il a retrouvé une boussole. A la barre, il y a Laurent Blanc. Il trace la voie et on le suit volontiers. L’aventure promet d’être belle.
Face au Ballon d’or : l’idée d’un « autre » trophée.
Lionel MESSI a reçu le Ballon d’or 2010. Objectivement, l’Argentin est un joueur de classe mondiale.
Il a l’art du dribble, du décalage, de l’appel à bon escient, de la passe juste dans les intervalles et du tir précis. Il apporte un vrai « plus » à son équipe. Il bonifie nettement le jeu de son équipe. Lionel MESSI est efficace.
Le joueur est talentueux, unique dans sa façon de conduire le ballon et d’éviter les obstacles qui se dressent devant lui. Son jeu, radicalement tourné vers l’avant, comporte peu de déchets. Il perd peu la balle malgré des prises de risques permanentes. Il a cette possibilité rare de pouvoir allier le prévisible et l’imprévisible. Le spectateur et le défenseur savent comment il va dribbler, mais tous deux se font toujours surprendre par la soudaineté et la fréquence des gestes techniques d’évitement des adversaires qu’il enchaîne. Lionel MESSI est artiste.
Malgré les traitements rugueux qu’il subit, il n’exprime pratiquement jamais d’agressivité à l’encontre de ses adversaires. De part son attitude, il « force » – en quelque sorte – leur respect. Quand on le voit sur le terrain, il transmet une certaine joie de joueur, d’être là. Son attitude, en apparence relativement détachée par rapport à l’enjeu, offre peu de prises aux rivaux. MESSI n’est ni belliqueux ni arrogant. Il n’est pas en quête effrénée d’un renforcement narcissique. Il ne vend pas une image, en se regarde pas trop jouer : il tente d’ »être » sur le terrain. A sa façon, il rappelle que ce n’est qu’un jeu. Il ne menace personne : pas les supporters, pas les joueurs d’en face, pas les arbitres non plus. Lionel MESSI est exemplaire.
Pour toutes ces raisons – footballistique, technique et relationnelle – il n’y a pas à se scandaliser de le voir remporter le trophée individuel suprême.
Mais que serait MESSI sans XAVI et INIESTA? Que serait MESSI sans ses coéquipiers de Barcelone? Qu’a été MESSI pendant la Coupe du Monde avec l’équipe nationale d’Argentine?
Accorder un trophée individuel dans un sport collectif a-t-il un sens? Le football, sport populaire, est traversé par les évolution sociétales. La valorisation du mérite et de la performance individuelle l’a rattrapée, à travers cette mondialisation du Ballon d’or. Michel Platini voudrait un autre trophée récompensant le meilleur joueur européen. Plutôt que de s’enfermer dans un rapport mimétique avec la FIFA, ne pourrait-on lui suggérer d’imaginer une récompense différente, incarnant d’autres valeurs : les dimensions collective et éthique de ce sport? Ce serait un titre-ticket qui associerait un joueur-une équipe-un entraîneur. A ce titre-là, l’association Snijder-Inter de Milan-Mourinho n’aurait pas été sacrée en 2010. Elle aurait été dépassée par le ticket Messi-FC Barcelone-Guardiola ou par cet autre Iniesta-Equipe d’Espagne-Del Bosque, voire par Xavi-Equipe d’Espagne-Del Bosque.
Ce serait un titre partagé.
La pub et le bouc émissaire.
En ouvrant le site internet de l’Equipe, l’apparition d’un visage fige votre regard. Comme sidéré par tant d’audace, vous n’en croyez pas vos yeux : Raymond Domenech se vend comme support publicitaire pour un site de poker en ligne !
Le temps de l’émotion digéré, une question se pose : Que fait-il là?
Comment le conscient collectif des publicitaires a pu créer un tel produit marketing? En allant titiller les instincts primaires des spectateurs revanchards restés sans mots et impuissants devant la débâcle de l’équipe nationale à laquelle ils s’identifiaient, on serait en droit de penser que les créateurs visent très bas. La cible se situerait donc à un stade archaïque, là où la violence est le seul mode de communication reconnu. Autrement dit le message des publicitaires est clair : « Ne réfléchissez pas, cliquez et vous l’aurez! » Sur quelle éthique professionnelle s’appuie le génie de ces gens? Le débat n’est pas là, vous dira-t-on : c’est de l’humour, du second degré. Hélas, il faut craindre que certains consommateurs le prennent au premier degré quand il aurait fallu qu’ils l’envisagent au troisième degré.
Comment Raymond Domenech a pu accepter de s’offrir – à nouveau – comme la victime expiatoire des supporters de l’équipe de France de football? Là encore, il y a plusieurs façons de considérer l’affaire. Au premier abord, la foule remontée trouvera là une nouvelle occasion de lui attribuer les habituels qualificatifs d’arrogant, d’opportuniste, de provocateur, de profiteur… Et puis, on nous expliquera – là encore – que le message est à considérer au second degré : c’est un trait d’humour bien sûr, une façon de savoir rire de soi, de ne pas se prendre trop au sérieux… Enfin, la troisième voie, que personne ne dira tellement elle est criante pourrait se formuler à travers une question : quel plaisir peut-on retirer à souffrir? Se présenter comme bouc-émissaire national, est-ce bien nécessaire?
Pour appâter le client, ce site offre l’opportunité au bas peuple de rendre enfin justice à la France du football, en mettant en scène le bouc émissaire tout désigné. Quand les Juifs expulsaient un bouc dans le désert après l’avoir chargé de toutes les iniquités du peuple, les internautes français de 2010 peuvent se décharger sur le personnage honni de Domenech pour toutes les injustices dont ils sont les victimes impuissantes.
Angleterre-France : l’effondrement et le rebond.
Le match Angleterre-France de mercredi 17/10/2010 proposait la confrontation entre deux équipes de renommée mondiale. Les joueurs de la rose et ceux du coq pouvaient arborer – sur leurs maillots – une prestigieuse étoile au nom de glorieux anciens. L’histoire du football a passé le siècle. Dorénavant, les équipes nationales ont donc à composer avec un héritage signifiant. Au-delà de considérations patriotiques non négligeables, notamment perceptible du côté anglais quand retentit le God save the Queen, les équipes nationales qui s’affrontaient sur la pelouse de Wembley ont semblé nous rejouer un scénario pas totalement nouveau. De génération en génération, des scénarios semblent se répéter.
Le match de mercredi a confirmé l’inexorable déclin du football anglais et la capacité de renaissance du football français. Les blancs anglais avaient l’air de pâlir inéluctablement quand les bleus français ont confirmé leur sursaut d’adaptation. En somme , c’était la constance macabre contre l’inconstance réjouissante.
Du côté de l’Angleterre, c’est l’effondrement sans fin. Il suffit de quelques absences majeures (Rooney, Lampard, Cole) pour que l’équipe anglaise reste sans vie, apathique. Un entraîneur aussi compétent soit-il – Capello en l’occurrence – se trouve impuissant à pouvoir relever des joueurs sans idées. Quand les joueurs choisis n’ont plus la créativité collective suffisante pour accompagner leurs techniques individuelles, la rationalisation de la stratégie s’avère vaine. L’Angleterre du football se meurt. C’est le libéralisme débridé de la première league anglaise qui étouffe l’émergence de nouveaux talents. Combien de joueurs anglais jouent dans les équipes majeurs du championnat? Très peu. Combien de joueurs anglais évoluent dans les principaux championnats européens? Aucun. Pour être ressusciter à la vie, le football anglais doit se poser une question de fonds : l’argent fou ou l’identité renouvelée? Il a perdu la raison dès lors qu’il s’est coupé de son histoire. Les Reds, Mu et les Gunners n’incarnent plus le football anglais engagé. Désormais rejoints par Chelsea, ils s’en vont se perdre dans la surenchère de l’abondance… Quand il n’y a pas de manque, il n’y a pas de désir, pas de projet, plus d’idées…
Du côté de la France, c’est l’éternel rebond. Après la longue agonie qui a suivi l’épopée suédoise 1958, les bleus sont réapparus sur la scène internationale dans les années 80 avec La génération Platini. Après l’éclipse 86-96, les bleus sont redevenus conquérants avec la génération Zidane. Le naufrage de l’ère Domenech passé, les bleus semblent progressivement revivre. Sera-ce la génération Benzema, Nasri ou Gourcuff? Peu importe le nom, pourvu qu’il y ait la saveur! Et ce groupe France régénéré par Laurent Blanc est en train de se préparer un avenir. Du gouffre dans lequel l’avait laissé choir le précédent sélectionneur avec la bénédiction des instances fédérales, on sait maintenant qu’il y avait un fonds. Un autre fonds de jeu possible. D’autres joueurs au fond ! La modeste attractivité du championnat de France n’est peut-être pas si néfaste que ça. Il favorise l’émergence, au niveau professionnel, d’une large promotion de jeunes joueurs. Encore faut-il que le sélectionneur en place reconnaisse leurs qualités! Comment a-t-on pu se passer de Benzema et de Nasri pour la Coupe du Monde?
Quand l’équipe d’Angleterre s’effondre, l’équipe de France ressort des profondeurs. Le prochain match, c’est un certain France-Brésil. Un éternel recommencement, en somme…
Equipe de France : profiler ou rêver d’étoiles?
Laurent Blanc prône – pour son équipe – l’axe directeur du collectif, que ce soit pour le jeu ou pour la vie en commun de son groupe. Ce projet ne vient pas seulement en réaction à la calamiteuse aventure sud-africaine, il s’inscrit en conformité avec les valeurs de l’homme. L’intention est là :“Notre objectif est de créer un groupe, comme en club”. Le sélectionneur porte cette ambition de cohésion et espère que les joueurs qu’il sélectionne vont y adhérer. D’où cette idée qui a pu apparaître saugrenue de premier abord : convoquer un « profiler ». Lors du dernier rassemblement de l’équipe de France, “il est venu pour avoir le profil exact de chaque joueur, tout simplement. On veut en savoir plus sur la personnalité de chacun et on va y aller doucement. Beaucoup de sportifs de haut niveau ont un préparateur mental mais si c’est encore un peu plus délicat dans les sports co, ça a un avenir.” Il faut croire que Laurent Blanc a besoin de se rassurer. A le voir crisper en conférence de presse et prévenant à l’égard des potentielles critiques des journalistes, intransigeant avec les écarts de ses joueurs (retards) et bienveillant avec les plus influents potentiellement dans le jeu (Malouda qui ne sort pas alors qu’il réalise une performance moyenne contre la Roumanie), Blanc tente – à l’évidence – de maîtriser au maximum les paramètres. Il en est encore dans les premiers temps de sa prise de fonction. Son rôle, c’est de choisir; donc de prendre des risques. Il y a probablement, dans sa pensée, beaucoup d’incertitudes.
Pourtant, après trois matchs qualificatifs, on peut dire que ses décisions furent – le plus souvent – judicieuses. C’est clair : il est à la hauteur de la charge qui lui a été confiée. L’équipe de France a retrouvé une certaine allure : les équipe alignées sont cohérentes, le jeu pratiqué est agréable à regarder, les joueurs affichent une réelle détermination sous le maillot bleu, les séquences de jeu sont de plus en plus construites, on voit des occasions et des buts. Certes, il faudra jauger l’évolution constatée contre des équipes d’un autre standing international. Il faudra notamment évaluer la valeur défensive de l’équipe et sa capacité à soutenir son orientation offensive dans des séquences de jeu plus longues.
Et surtout, les joueurs reconnaissent l’autorité du « président ». Laurent Blanc n’a pas seulement la fonction de sélectionneur mais il incarne aussi nettement une « fonction paternelle » à l’égard de ses joueurs. A ce titre, il axe les choses tout en les rassurant. L’expression des joueurs avant, pendant et après les matchs donne l’idée d’une véritable adhésion à un projet commun. Pour moi, le groupe est quasiment trouvé. Laurent Blanc a ses leaders (Lloris, Mexès, Rami, Diarra, M’vila, Diaby, Nasri, Gourcuff, Malouda, Benzema) et son capitaine (Alou Diarra). A quoi bon un « psychologue profiler »? Que Laurent Blanc fasse confiance à son expérience, à son intelligence, à son intuition, à ses collaborateurs et à ses joueurs! Il y a du désir dans cette équipe. Le mot « désir » vient du latin « desiderare », formé à partir de l’expression « sidere » qui signifie « en provenance des étoiles ». Laurent Blanc connaît bien la valeur symbolique de l’étoile qui trône sur le maillot bleu. Laurent Blanc a peut-être l’illusion qu’il va mieux connaître les personnalités de ses joueurs de l’extérieur, en les faisant examiner (contrôler) par des tests psychologiques. Et pourtant, il gagne déjà à partager avec eux un imaginaire commun. Ses joueurs croient en lui, le pensent détenteur d’une compétence et d’un savoir. Lui croit en ses joueurs. Ne suffit-il pas de faire grandir ce rêve? Un rêve d’étoiles ?
Equipe de France : équipe-type? type d’équipe ?
A travers le match match réussi en Bosnie, quelques associations de joueurs ont particulièrement bien fonctionné :
- la complémentarité de la charnière centrale Mexès-Rami devient plus évidente. Les deux défenseurs centraux ont su faire preuve à la fois d’agressivité face aux attaquants adversaires et d’une certaine application dans les relances;
- la solidité, la tonicité et la technicité du milieu à trois Diarra-M’Vila-Diaby a crevé l’écran et étouffé le milieu de terrain bosnien. Comparativement au triangle de 98 Deschamp-Karembeu-Petit, il y a peut-être moins de sens tactique, mais certainement plus d’impact physique;
- la liaison côté gauche Clichy-M’Vila-Malouda a laissé entrevoir de belles promesses de combinaisons. La rapidité de transmission entre ces trois joueurs amène le premier but. Côté droit, c’est moins évident. Sagna reste trop timide dans son apport offensif. Valbuena et Diaby jouent plus dans un registre de provocation et de perforation.
A titre individuel, les performances de Diaby et de Benzema apportent indéniablement une valeur ajoutée à l’équipe de France.
Je crois que Laurent Blanc, au-delà d’une équipe-type (Ribéry ou Nasri au lieu de Valbuena? Gourcuff à la place d’un des trois milieux dans une version plus offensive?), a trouvé une organisation d’équipe qui correspond au profil des joueurs dont il dispose, c’est-à-dire une configuration qui permet d’allier leurs capacités techniques à leurs importantes capacités physiques. En 98, certaines dominances caractérisaient l’équipe championne du monde : physique derrière, tactique au milieu et technique devant. En 2010, c’est apparemment d’autres caractéristiques qui ressortent : physique derrière, physique au milieu et technique devant. Une autre époque. un autre type d’équipe.
Equipe de France : Blanc confronté à des limites !
Passé le temps du dépit suscité par le nouvel échec des Bleus, il convient de se tourner vers le match qui se profile contre la Bosnie. Force est de constater que le passé glorieux de l’Equipe de France paraît déjà si loin qu’on pourrait le croire s’évaporer. A l’évidence, il est bien difficile de faire avenir d’un passé qui s’éteint. On a chargé Laurent Blanc de rallumer la flamme bleue : lourde mission. Mission impossible? Toujours est-il qu’il s’y emploie avec des vents contraires guère favorables au chemin qu’il veut tracer. Il a tenté de mettre en place un cadre, avec des règles de vie commune plutôt stricte. Il ne faudrait pas qu’il se rigidifie trop. J’ai trouvé que certains joueurs français avaient une attitude pas tellement authentique au moment de l’hymne national. Ils chantaient parce qu’on leur avait suggéré l’idée de clamer les paroles guerrières de la Marseillaise. C’était sans conviction. Or, on a besoin de joueurs libérés, pas trop bridés. Entre le laisser-aller de Domenech et le raidissement de Blanc, il doit exister une juste mesure dans le management des hommes. Il y a un parallèle entre cette suggestion de chanter les hymnes de Blanc et cette suggestion de faire se lever les léèves quand le prof entre en cours de Châtel (Ministre de l’Education). Ce n’est que pure forme. L’autorité ne se joue pas là-dessus, mais bien plus dans la relation que le sélectionneur va établir avec ses joueurs. Et puis, au fait, en 98, Zidane ne la chantait et Barthez se marrait… Revenons au jeu.
Le principe de réalité contraint le sélectionneur à composer avec les limites actuelles des joueurs sélectionnés :
- Il a innové en faisant appel à des joueurs qui semblent avoir l’étoffe pour s’imposer au niveau international. On a pu voir – par intermittence – Rami et Rémy s’engager, prendre des initiatives intéressantes. Eux au moins ne sont pas inhibés par cette promotion en Equipe de France. Mais, pour l’instant, le meilleur choix de Laurent Blanc, c’est incontestablement Yann M’Vila. Il fallait oser titulariser ce jeune Rennais de 20 ans. Ses nombreuses interceptions, sa capacité à dynamiser le jeu de son équipe et son volume de jeu sont des atouts dont le sélectionneur ne devrait plus se priver. Dans l’affaire, c’est Diaby, plutôt transparent contre la Biélorussie, qui devrait laisser sa place à Alou Diarra. Choisir, c’est prendre des risques. Si Blanc croyait beaucoup en Hoarau, il a peut-être un point de vue moins enthousiaste après sa dernière prestation guère convaincante. Outre le fait qu’il n’ait pas apporté suffisamment de mouvement et de solutions offensives, sa présence a eu un effet pervers en stéréotypant le jeu des Bleus. Les longues touches des latéraux à la recherche d’une déviation de la tête de Hoarau non seulement ralentissent le jeu (le temps que Clichy et Sagna essuient le ballon et s’élancent…) mais aussi deviennent tellement prévisibles que la défense adverse se régale. Benzema devrait revenir, ce qui change la configuration de l’attaque. Quel complément au Madrilène? La prise d’espaces d’un Briand, la combattivité d’un Valbuena, la précision d’un Gameiro ou bien la fine technique d’un Menez? Je mettrais bien une petite piécette sur le Lorientais.
- Ce qui est probablement le plus inquiétant, c’est la faible qualité technique démontrée par les joueurs français. Le ballon ne circule pas vite car les solutions offertes ne sont pas lisibles pour le porteur, les conduites de balle et certains passes par trop incertaines. Est-ce conjoncturel ou bien plus profond? Je pencherai hélas pour la deuxième réponse si on regarde le peu de joueurs français évoluant dans le gratin européen. Nous sommes au creux d’une vague et je crains guère qu’il faille être patient avant de retrouver un jeu flamboyant. Bon courage à Laurent Blanc !
Olympique de Marseille : Que pense la Ligue de la réaction de M. Dassier?
30 août, 2010, 18:00
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ligue 1
A l’issue du match Bordeaux-Marseille, la réaction du président olympien fut alambiquée et pleine de sous-entendus. Les arguments employés par M. Dassier sont assez étonnants :
- Faudrait-il que les arbitres ne sanctionnent pas Edouard Cissé au prétexte subjectif qu’il est « le plus élégant » et au motif discutable « qu’il n’a jamais blessé personne »? L’arbitre ne doit-il plus sanctionner sur des faits des jeux ?
- Que sous-entend cette accusation voilée concernant le club girondin (« Ici, on a toujours l’impression que… mais c’est pas grave… ») ? On aimerait en savoir plus…
- Est-ce une forme d’intimidation personnalisée en vue d’échéances futures que de laisser entendre ceci : « Paradoxalement, je ne suis pas de mauvaise humeur… Je trouve juste qu’il est dommage que Monsieur Chapron ait un peu gâché la fête. Non, ce n’est pas grave, ça peut arriver. » ?
Quel sens des responsabilités habite les médiatiques présidents de ligue 1 quand ils se livrent à de tels propos? L’irrespect de certains joueurs en Afrique du Sud a été mis en exergue… Pourquoi ce type de réaction présidentielle n’appelle pas de commentaire particulier de la part des journalistes? Faut-il juste constater que cela fait partie du jeu médiatique qui entoure les matchs de L1?… La ligue qui cherche des poux au Stade rennais pour un retard de six minutes (affaire du tee-shirt portant un message pour Fabien Lemoine) va-t-elle réagir à ces propos inadmissibles?
Jean Fernandez, Frédéric Antonetti : entraîneurs authentiques.
29 août, 2010, 19:03
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ligue 1
Dans le football moderne, donc médiatique, l’entraîneur occupe une place prépondérante. On l’épie, l’écoute, le questionne, le critique, le glorifie parfois, le vire d’autres fois. Il incarne, personnifie à lui tout seul son équipe. Ces personnalités qui endossent la responsabilités des résultats de leur équipe laissent rarement indifférents. Certains sont charismatiques, dégagent une aura auprès du public et des médias : Wenger, Ferguson, Guardiola, Gerets… et déjà un peu Blanc. Certains autres sont provocants, suscitent pas mal d’irritation : Mourinho, Van Gaal, Hiddiink… et, souvenez-vous, Domenech. D’autres enfins, les plus nombreux, sont juste respectés pour l’obscur et honnête travail qui est le leur. Actuellement, deux personnalités émergent dans le championnat :
- Jean Fernandez. Le football est sa passion mais qu’il sait suffisamment raisonner. « Un entraîneur n’est rien sans ses joueurs. », aime-t-il à répéter. Il y a de la juste mesure dans l’approche professionnelle de Jean Fernandez. Depuis quatre ans, l’entraîneur auxerrois mène un travail d’orfèvre en Bourgogne. Peu à peu, il a construit une équipe, son équipe. Ses choix (Jelen, Hengebart…) se sont révélés extrêmement judicieux. Loin d’être destructrice, sa passion est à la source de son travail de bâtisseur. Il méritait bien ce titre UNFP de meilleur entraîneur en 2010 ! Avec la qualification de l’AJA en Ligue des champions, il pourrait bien doubler la mise.
- Frédéric Antonetti. On l’a entendu pester contre « le manque de bon sens » quand il a vu le délégué de la ligue refuser à ses joueurs, le port du tee-shirt de soutien à Fabien Lemoine. On l’a entendu provoquer Ismaël Bangoura qui boudait dans son rôle de remplaçant. « Si tu es si fort que ça, montre-le! » lui a-t-il lancé vertement. Antonetti, en Méditerrannéen, agit avec le verbe. Il est parfois cru, caustique ou drôle, décalé. Il est souvent efficace. Beaucoup d’entraîneurs se sont cassé les dents à Rennes (le Guen, Gourcuff…). Dans le paysage breton, le Corse détonne un peu. Cette année, il a annoncé qu’il n’y aurait aucun passe-droit dans son effectif pléthorique et de qualité. Bangoura peut en témoigner. Antonetti a nettement recadré son discours. Il s’affirme, parle vrai. Les résultats suivent : deux victoires à l’extérieur et deux nuls à domicile placent Rennes à la deuxième place. A l’heure où les grosses écuries de ligue 1 se montrent poussives (Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille), est-ce l’année du Stade Rennais?
Stade rennais : l’invraisemblable affaire Lemoine !
29 août, 2010, 18:18
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ligue 1
On croit rêver! Dans un entrefilet (p.7), le journal l’Equipe du vendredi 27 août laisse entendre que ladite « commission des compétitions de la ligue » attend des explications écrites des dirigeants rennais concernant les « raisons » du retard de « six minutes » (!) que leurs joueurs ont occasionné avant le match contre Saint-Etienne. La ligue refusait le port du maillot portant un message à l’adresse de Fabien Lemoine. Les joueurs ont quand même tenu à vêtir ce fameux tee-shirt. Le délégué présent au Stade de la route de Lorient a exigé qu’ils le retirent; ce qu’ils firent. Le petit article se conclut ainsi : « Rennes risque une amende de 1000 euros. »
Le président de la ligue voudrait une fédération française de football plus démocratique, en accordant un vote à chaque club. Bonne idée. Intention louable. Mais alors, que pense-t-il de la ligue professionnelle qu’il préside quand une de ses commission se comporte de façon aussi tâtillonne, voire cynique. Ces gens qui siègent à cette « commission des compétitions » ont-ils accès aux moyens d’information modernes que sont, par exemple la télé, la radio, l’internet ou le journal? Faut-il leur raconter l’histoire de Fabien Lemoine? Ont-ils, à ce point, besoin d’exiger (le retrait du tee-shirt, des informations écrites, une amende…) pour se sentir exister? Une ligue qui infantilise « ses » clubs mérite-t-elle l’adjectif « professionnelle »? Qu’en pense Monsieur Thiriez?